Espace Jemmapes : le projet tombé du ciel

Lorsqu’on parcourt le catalogue des activités proposées par le centre Paris Anim’ Espace Jemmapes, dans le 10e arrondissement, on est frappé par la variété des cours de danse. Modern jazz, salsa cubaine, tango argentin, danse afro, indiennes, hip-hop, classique… L’aspirant danseur a l’embarras du choix. Du coup, le centre ne désemplit pour ainsi dire jamais : les parquets des trois salles de danse endurent chaque jour les martellements rythmés des danses énergiques ou les frôlements gracieux des subtils entrechats. Ces parquets sont neufs. Ils ont été restaurés fin 2016, et c’est le Budget Participatif qui l’a permis. Il était temps : tout était pourri, noirci, vermoulu. Des infiltrations d’eau venues du toit ont lentement rongé les sols. « Nous étions très embarrassés par la situation. On a lutté contre les fuites avec les moyens du bord : des seaux, des serpillères… Les apprentis danseurs étaient contraints de contourner les planches pourries ! » explique Eric Fusberg, responsable du centre…

 Mais l’incroyable de l’histoire, Eric nous le dévoile : « Un  beau jour, les services de la ville sont venus nous expliquer qu’ils allaient refaire les parquets parce qu’un projet Budget Participatif lauréat allait permettre de financer les travaux ». Une restauration providentielle donc, mais qui s'explique aisément : « C’est une élève du centre qui a déposé le projet. Elle voulait danser sur un parquet digne de ce nom. Nous ignorions tout de sa démarche et, même si nous n’avons jamais pu la remercier (elle n’habite plus Paris), nous lui sommes très reconnaissants car nous désespérions de voir ces parquets refaits un jour, faute de budget justement ! »

Le projet a recueilli plus de 1 000 votes lors du Budget Participatif 2015. Mais les investigations préliminaires aux travaux ont pris du temps : les services techniques ont d’abord pensé qu’une simple vitrification suffirait, mais devant l’étendue des dégâts, ils ont opté pour un remplacement complet des parquets des trois salles. Le surcoût, financé grâce à un coup de pouce de la mairie du 10e, a permis de mener à bien cette restauration. De plus, les professeurs de danse ont été consultés pour savoir quel traitement réserver au bois : on ne danse pas sur le même parquet du hip-hop et du flamenco !

Prochaine étape : « réparer les fuites du toit », dit Eric Fusberg. « Sans ça, l’eau continuera à s’infiltrer et à pourrir les parquets ». Et tout serait à recommencer…

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 Etat des sols avant travaux

 

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... et après !

 

Liens :

La fiche de suivi du projet sur le site du Budget Participatif

Toutes les réalisations du Budget Participatif

 

Crédit photos : Mairie de Paris